Utilisation de la touche handicapé sur un horodateur : le mode d’emploi

1,3 million : c’est le nombre de personnes titulaires d’une carte mobilité inclusion (CMI) stationnement en France. Pourtant, face à un horodateur affichant le célèbre pictogramme fauteuil roulant, trop d’usagers hésitent encore. Quand le numérique bouscule les vieilles habitudes, la logique devrait s’imposer : la gratuité pour les personnes en situation de handicap ne devrait plus être un casse-tête. Et pourtant, la réalité sur le terrain réserve bien des surprises.

De nombreuses villes ont adopté des pratiques différentes pour la gestion du stationnement PMR. Voici ce que l’on observe selon les communes :

  • Certains dispositifs exigent une validation sur l’horodateur ou via une application mobile, sous peine de sanction.
  • Le manque d’informations claires entretient la confusion, alors même que la réglementation vise à alléger les démarches pour ceux qui en ont besoin.

Stationnement PMR : ce que dit la réglementation et quels sont vos droits

En France, toute personne détentrice d’une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », ou d’une carte européenne de stationnement, bénéficie du stationnement gratuit sur la voirie. Cette facilité concerne aussi bien le conducteur que le passager, à condition que la personne concernée soit présente dans le véhicule lors du stationnement, carte exposée de façon visible derrière le pare-brise.

La loi du 18 mars 2015 (article L. 241-3-2 du code de l’action sociale et des familles) étend cette gratuité à l’ensemble de la voirie publique et à la majorité des parkings de surface, sauf cas particuliers signalés localement.

Les places PMR réservées restent prioritaires, mais il est tout à fait possible de stationner sur une place classique sans frais, tant que la sécurité et la circulation sont respectées.

Attention : chaque municipalité peut fixer une durée maximale de gratuité, souvent comprise entre 12 et 24 heures. Passé ce délai, un forfait post-stationnement (FPS) peut être appliqué. Il est donc recommandé de consulter la signalisation sur place pour éviter toute mauvaise surprise.

La lutte contre les abus demeure un enjeu de taille : se servir d’une carte PMR sans que le bénéficiaire soit présent constitue une infraction. Lors d’un contrôle, les agents vérifient la présence de la personne concernée ainsi que la concordance entre le numéro d’immatriculation et la carte de stationnement.

Comment fonctionne la touche handicapé sur un horodateur ? Explications étape par étape

Pour les personnes à mobilité réduite, la touche handicapé sur un horodateur a été pensée pour simplifier la déclaration de stationnement. La démarche, que l’on croise désormais dans de nombreuses villes, se veut accessible et rapide.

Voici comment procéder :

  • Garez votre véhicule sur une place adaptée , qu’elle soit réservée ou standard , et placez bien la carte de stationnement derrière le pare-brise.
  • Dirigez-vous vers l’horodateur et repérez la touche handicapé, identifiable par le pictogramme du fauteuil roulant.
  • Appuyez sur cette touche avant toute autre action.
  • L’automate vous demandera alors le numéro d’immatriculation du véhicule : saisissez-le soigneusement. Sur certaines bornes, il faudra également valider ou préciser la durée du stationnement ; suivez simplement les indications affichées.
  • Une fois la procédure terminée, l’horodateur délivre un ticket gratuit ou affiche la validation à l’écran. Même si l’impression du ticket n’est plus systématique, gardez-le si besoin.

Concrètement, le contrôle s’effectue ensuite grâce au croisement entre la plaque d’immatriculation enregistrée et la carte PMR exposée sur le véhicule. Cette méthode limite le risque de recevoir un FPS injustifié lorsque toutes les conditions sont respectées. La démarche, en pratique, ne prend que quelques instants.

Jeune femme en fauteuil utilisant un terminal de stationnement urbain

PayByPhone et autres solutions numériques : simplifier le paiement et la déclaration pour les personnes à mobilité réduite

Le stationnement évolue et les applications mobiles telles que PayByPhone ou EasyPark transforment la façon de déclarer sa présence en voirie. Pour les titulaires d’une carte mobilité inclusion (CMI) ou d’une carte européenne de stationnement, ces outils numériques sont devenus de véritables alliés.

La démarche à suivre est accessible à tous : après avoir téléchargé l’application, il suffit d’indiquer le numéro d’immatriculation du véhicule et de sélectionner la zone de stationnement. Dans la plupart des villes partenaires, une option dédiée « PMR » ou « carte mobilité inclusion » apparaît. En la cochant, le droit à la gratuité est automatiquement pris en compte, conformément à la réglementation pour les détenteurs de cartes de stationnement PMR.

Ces solutions offrent plusieurs avantages :

  • Gagner du temps en évitant le détour par l’horodateur.
  • Bénéficier d’une interface accessible sur smartphone.
  • Diminuer les oublis ou erreurs lors de la déclaration.

Autre atout : la déclaration numérique facilite la tâche des agents de contrôle, qui vérifient instantanément la situation grâce à la synchronisation des bases de données. Recevoir un FPS injustifié devient nettement plus rare lorsque la démarche numérique est respectée. Il reste cependant indispensable d’afficher la carte CMI ou européenne derrière le pare-brise lors du contrôle : la validation par application ne dispense jamais de cette obligation.

Entre le bouton sur l’horodateur et la déclaration via mobile, la simplification progresse. Mais la vigilance reste de mise : chaque ville conserve ses propres modalités. Le vrai progrès ? Que l’obstacle administratif cède la place à la mobilité réelle. Un jour, appuyer sur une touche ou ouvrir une appli ne sera plus un privilège, mais la simple norme pour tous.

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