On ne trouve pas chaque matin un chevreuil sur sa trajectoire, mais chaque année, des centaines d’automobilistes en France se retrouvent face à ce scénario imprévu,et la loi, elle, ne laisse place à aucune improvisation.
En France, la législation interdit formellement toute action de capture ou d’abattage de chevreuils sans autorisation expresse délivrée par les autorités compétentes. Malgré cette interdiction, des cas de collisions routières impliquant ce cervidé sont recensés chaque année, générant des problématiques spécifiques pour les conducteurs et les gestionnaires de faune.
L’intervention après un tel incident obéit à un protocole strict, combinant sécurité publique, respect de la réglementation et gestion de la biodiversité. Les procédures varient selon l’état de l’animal, la localisation de l’accident et les responsabilités légales engagées.
Comprendre les enjeux d’une collision avec un chevreuil
La collision chevreuil, ce n’est pas l’accident de campagne anodin. Ici, tout s’imbrique : la sécurité du conducteur, celle des passagers et la vie de l’animal sauvage. Que l’on roule sur une départementale française, une nationale suisse ou une route québécoise, le risque s’invite le plus souvent aux premières lueurs du jour ou en fin de soirée, quand les cervidés s’activent. Si l’automne se révèle particulièrement propice à ces rencontres, la prudence ne prend jamais de vacances.
Le choc, lui, fait rarement dans la demi-mesure. Capot déformé, pare-brise brisé, parfois des blessures humaines et, très fréquemment, l’animal finit blessé ou tué en bord de route. Les assureurs recensent chaque année des sinistres liés aux animaux sauvages, avec des indemnisations qui dépendent grandement des garanties souscrites. Ceux qui disposent d’une couverture « tous risques » s’en sortent mieux, tandis que les autres doivent parfois solliciter le FGAO en France ou passer par AXA dans certains cantons suisses, comme Fribourg, Jura, Thurgovie ou Schaffhouse.
Les statistiques collision chevreuil ne laissent pas le doute planer : certains secteurs, notamment en Suisse, sont particulièrement touchés. Face à l’accident, l’automobiliste doit réagir vite : sécuriser le site, contacter la police ou les autorités compétentes, prévenir son assureur, et ne pas négliger la gestion de l’animal. Savoir anticiper le danger, ralentir à l’approche des bois, garder ses distances, c’est déjà se prémunir contre bien des drames.
Quels gestes adopter immédiatement après l’accident ?
Lorsqu’un chevreuil se retrouve sur votre chemin et que le choc est inévitable, il faut agir méthodiquement. Après le bruit, la stupeur : votre priorité reste la sécurité. Immobilisez le véhicule, actionnez les feux de détresse, sortez votre gilet réfléchissant, puis placez le triangle d’avertissement à une distance raisonnable. Cette vigilance protège autant les occupants que les autres automobilistes, surtout sur les axes rapides ou en forêt.
Dans la foulée, il s’agit de prévenir la police ou les services de la faune. Décrivez précisément l’emplacement, la situation de la chaussée, et l’état de l’animal. N’essayez pas de déplacer le chevreuil : même blessé, il peut se montrer imprévisible. Laissez la gestion à ceux qui en ont la responsabilité, agents de police ou spécialistes.
Une fois la sécurité assurée et les autorités informées, contactez votre assurance auto. Signalez l’accident dans les délais du contrat, fournissez tous les éléments nécessaires : photos des dégâts, du lieu, de l’animal si cela est possible. Dans certains cantons suisses (Fribourg, Jura, Thurgovie, Schaffhouse), il est impératif d’effectuer la déclaration auprès des autorités pour espérer un dédommagement.
Pour clarifier les étapes à suivre, voici les actions à mettre en œuvre immédiatement :
- Sécurisez la zone afin d’éviter tout suraccident.
- Informez la police ou les services compétents (faune, gendarmerie).
- Rassemblez les preuves pour l’assurance et réalisez la déclaration dans les temps impartis.
Chacune de ces mesures vous protège, mais protège aussi les autres usagers et la faune locale.
Solutions appropriées pour gérer l’animal et la situation en toute sécurité
Lorsqu’on se retrouve face à un chevreuil blessé, la prudence est de mise. Ne vous approchez pas sans vous assurer qu’il ne réagit plus : un animal blessé, même affaibli, peut se débattre. Si un doute subsiste sur son état, attendez patiemment l’arrivée des autorités ou d’un garde-chasse.
En France, le chasseur agréé est généralement sollicité pour mettre fin aux souffrances de l’animal. L’intervention se fait avec une arme à feu, en visant des zones précises pour éviter toute agonie inutile et préserver la venaison. Ailleurs, les règles diffèrent : au Québec ou en Allemagne, l’utilisation d’un couteau pour abréger un animal est proscrite sauf cas très exceptionnels. La Suisse, quant à elle, adapte son protocole selon le canton. Avant toute action, assurez-vous de connaître les règles qui s’appliquent là où vous vous trouvez.
Une fois l’animal mort, il convient pour le chasseur d’effectuer l’éviscération rapidement. Cela implique l’utilisation d’un couteau adapté, une incision soigneuse du sternum puis du diaphragme, et l’extraction des organes internes en évitant de percer les intestins. La viande doit refroidir au plus vite pour éviter toute altération. Si vous ne maîtrisez pas ces gestes, mieux vaut s’en remettre à un professionnel de la faune.
Pour agir correctement face à cette situation délicate, gardez en tête ces principes :
- Attendez l’arrivée des autorités ou d’un professionnel habilité pour intervenir.
- N’utilisez pas d’arme blanche si la loi l’interdit ou si vous n’êtes pas certain du cadre réglementaire.
- Préservez le lieu de l’accident : cela facilitera les démarches administratives et l’enquête éventuelle.
D’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, la gestion d’un accident impliquant un animal sauvage se joue sur le respect des règles et la capacité à garder la tête froide. Prendre soin de la sécurité, du respect dû à l’animal, et des obligations légales, c’est aussi prendre soin de soi et des autres. Sur la route, la vigilance ne se négocie jamais,et chaque rencontre nous rappelle que la nature, elle, ne suit pas toujours le plan établi.

